« Je raccroche - j’y vais »
Installation pour cabines téléphoniques

Avant qu'elles ne disparaissent de notre environnement, quelques cabines téléphoniques subsistent encore dans le paysage des villes et des campagnes.

Cet espace aménagé, vitré, dont on pouvait refermer la porte le plus souvent, témoigne encore du passage des personnes qui s’y sont tenues comme des paroles échangées. Disposée au cœur de la ville, du bruit et de la foule ou au contraire dans des espaces vides et silencieux, la cabine téléphonique instaurait un ersatz de l’espace du privé et de l’intime. Derrière les parois vitrées, on pouvait lire sur les visages des émotions diverses et la cabine téléphonique prenait alors des allures de minuscule théâtre du monde. Un espace pour le corps et pour la parole. À qui veut les entendre, les cabines bruissent encore de tous les mots prononcés.

Liens pour les conversations

fajnzang-jeraccroche.over-blog.com  |  www.facebook.com/JeRaccrocheJyVais1

PRESSE :

De drôles de personnages investissent les cabines

D'ici 2017, elles vont disparaître du paysage urbain et rural. Avant leur destruction, Dominique Fajnzang, artiste installée à Tréméloir, y met en scène des personnages.
À Nantes, certaines ont été transformées en aquarium. Ailleurs, en mini-bibliothèque. À Saint-Brieuc, Binic, le Légué, Plérin, etc., elles sont habitées par de drôles de personnages grandeur nature. Je raccroche - j'y vais est le titre de l'installation pour cabines téléphoniques, réalisée par Dominique Fajnzang.
« L'idée m'est venue tout simplement. J'étais à Binic, je devais passer un coup de fil. J'avais oublié mon portable, les cabines téléphoniques étaient hors-service. »
La plasticienne prend conscience du « potentiel d'imaginaire » qu'offre ce mobilier urbain en sursis, « puisque d'ici 2017, il disparaîtra du paysage des villes ou campagnes ». D'où l'idée d'en transformer en « mini-galeries ».
Dans ces espaces vitrés, Dominique Fajnzang installe de grands dessins. Réalisés au fusain ou au pastel sur des panneaux semi-rigides, ils représentent des femmes et des hommes téléphonant. Certains parlent, d'autres écoutent. Ces scènes semblent désormais d'un autre temps.
L'artiste ne s'est pas contentée d'habiller ces cabines. En parallèle, elle construit des récits inspirés par ces personnages. « Qui n'a pas patienté devant une cabine téléphonique, en attendant son tour ? Percevant, de temps à autre, un sourire, un rictus, une parole échappée. De ces bribes de conversation, on peut laisser libre cours à l'imagination et déjà une histoire se trame, se bâtit. »
Alors, avant que ces cabines ne disparaissent complètement, la plasticienne invite à regarder et écouter. Elle vient de créer une page sur les réseaux sociaux afin de rendre compte au fur et à mesure des conversations de ces personnages. « Car toutes ces histoires nous relient. »
Les cabines où sont représentés des personnages : Saint-Brieuc (boulevard Pasteur et le Légué), Plérin (les Rosaires, le parvis), Pordic (ancienne mairie), Binic (place de la Poste et plage de l'avant-port), Étables (La Poste), Tréméloir (place de l'Église).

Véronique CONSTANCE
ouest france

Vous les avez peut-être aperçues à la plage des Rosaires, au port du Légué ou à Pordic, à proximité de La Poste de Plouha ou celle d'Étables-sur-Mer... ces silhouettes qui habillent les cabines téléphoniques. C'est le clin d'oeil de la plasticienne Dominique Fajnzang. « Avant qu'elles soient démontées, je voulais les mettre en valeur ». L'occasion aussi de « valoriser le dessin en lui donnant sa place dans l'espace public ». Sur sa page Facebook « Je raccroche - j'y vais », du nom du projet, des textes accompagnent ces mises en scène. « Ce sont des bribes de conversations que tout le monde échange et les histoires que l'on peut s'imaginer lorsque l'on entend quelques mots, en attendant son tour », explique la plasticienne. Un travail aussi de photographie, dans lequel elle cherche à « capter l'environnement à travers les reflets ».

Le Télégramme

Cabines téléphoniques : dernier coup de crayon

« Elles étaient un repaire indispensable pendant les voyages, une bulle d’intimité au milieu de la ville, une bouée à laquelle se raccrocher en cas de problème. En 1997, on dénombrait 300 000 cabines téléphoniques en France. Puis les portables sont arrivés. Plus besoin de bouées, nous avions tous des gilets de sauvetages. Alors, elles ont été peu à peu gommées des paysages urbains et ruraux. Quelques vestiges perduraient, ils disparaîtront totalement en 2017.
À travers le projet Je raccroche – J’y vais, l’artiste costarmoricaine Dominique Fajnzang a voulu faire un dernier clin d’œil à cette histoire vieille de plus de 100 ans. Au fusain ou au pastel, elle a redonné vie aux personnages des cabines sur des panneaux qu’elle a immiscé derrière le combiné. Une étrange galerie avec des œuvres potentiellement disséminées là où il y a des publiphones (leur nom officiel) à Paimpol, Tréméloir, Binic, Châtelaudren, Saint-Brieuc...
Les silhouettes sont floues, comme dans un lointain souvenir. Quelques mots, quelques phrases agrémentent les installations. Des bribes de conversation, impatientes, banales ou nostalgiques. Les emmerdes, la mer, les enfants, la pluie et le beau temps. On dit toujours ça. Des silences, un au-revoir. Un adieu peut-être. N’en parlons plus, je raccroche. »

Jean-Sé, oct 2016
Le Cri de l'ormeau



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